лал бы этого, живи вы в самом Петербурге, но уверенность, что вы не подвергаетесь опасности там, где находитесь, придала мне смелость написать вам.
Как мне было бы радостно, друг мой, если бы в ответ на это письмо вы сообщили [много] побольше о себе и продолжали сообщать всё время, пока длится эпидемия. Могу ли я на это рассчитывать? Будьте здоровы. Без конца желаю впм благополучия и нежно обнимаю вас. Пишите мне, пожалуйста. Преданный вам Чаадаев.
7 июля 1831.
4. П. Я. Чаадаев - Пушкину.
18 сентября 1831 г. Москва.
H? bien, mon ami, qu'avez Vous fait de mon manuscrit? Le chol?ra l'aurait-il emport?? Mais le chol?ra, dit-on, n'est pas venu chez vous. N'aurait-il pas pris la clef des champs, par hasard? Mais en ce cas, donnez m'en, je Vous prie, avis quelconque. 226 J'ai eu grand plaisir ? revoir de votre ?criture. Elle m'a rappel? un temps qui ne valait pas grand'chose ? la v?rit?, mais o? il y avait encore espoir; les grandes d?ceptions n'?taient pas encore advenues. Je [me] parle de moi, vous entendez bien; mais pour Vous aussi il y avait, je crois, de l'avantage ? n'avoir pas encore ?puis? toutes les r?alit?s. Douces et brillantes ont ?t? vos r?alit?s ? Vous, mon ami. Cependant, toujours, il y en a-t-il qui valent les fausses attentes, les trompejrs pressentiments, les meneuses visions de l'heureux ?ge des ignorsnces? Vous voulez causer, disiez-Vous: causons. Mais prenez garde, je ne suis pas riant; Vous, Vous ?tes nerveux. Et voyons, de quoi causerons-nous? Je n'ai qu'une pens?e, Vous le savez. Si, par aventure, je trouve autres id?es dans mon cerveau, elles se rattacheronr certainement ? celle-l?: voyez si cela vous arrange? Encore si vous me suscitiez quelques id?es de votre monde, si vous me provoquiez? mais vous voulez que je parle le premier: soit, mais encore une fois, gare aux nerfs! Donc voici ce que je vais Vous dire. Vous ?tes-vous aper?u qu'il se passe quelque chose d'extraordinaire dane les entrailles du monde moral, quelque chose de semblable ? ce qui se passe, dit-on, dans les entrailles du monde physique? Or, dites-moi, je Vous prie, comment en ?tes-vous affect?? Il me semble, quant ? moi, que c'est la mati?re po?tique tout ? fait, ce grand renversement des choses; Vous ne sauriez y ?tre indiff?rent, d'autant que l'?goisme de la po?sie y a ample p?ture ? ce que je crois: le moyen de n'?tre pas soi-m?me froiss? dana ses plus intimes sentiments, au milieu de ce frojssement g?n?ral de tous les ?l?ments de la nature humaine! J'ai vu tantt une lettre de votre ami, le grand po?te; c'est un enjouement, une hilarit?, qui font peur. Pourriez-vous me dire, comment cet homme, qui avait nagu?re une tristesse pour chaque chose, ne trouve-t-il pas aujourd'hui une seule petite douleur pour la ruine d'un monde? Car regardez, mon ami, n'est-ce point l? vraiment un monde qui p?rit; et, pour qui ne sait pressentir le monde nouveau qui va surgir en sa place, [voyez si ce ] ce n'est pas autre chose qu'une ruine affreuse qui se fait. [Vous] N'auriez-Vous pas non plus un sentiment, une pens?e ? donner ? cela? Je suis s?r que le sentiment et la pens?e se couvent ? votre insu dans quelque profondeur de votre ?me, seulement, de se produire au dehors, elles ne sauraient, ensevelies [qu'elles] que probablement ils sont dans ce tas de vieilles id?es d'habitude, de convenance, dont, vpus avez beau dire, tout po?te est in?vitablement [tout] p?tri, quoiqu'il fasse; attendu, mon ami, que depuis l'indien Valmiki, le chantre du Ramayana, et le grec Orph?e, jusqu'? l'?cossais Byron, tout po?te a ?t? tenu jusqu'? cette heure de redire toujours la m?me chose, dans quelque lieu du monde qu'il eu chant?.
Oh, que je voudrais pouvoir ?voquer ? la fois toutes les puissances de votre ?tre po?tique! Que je voudrais en tirer, d?s ce moment, tout ce qui, je sais, s'y tient cach? pour que vous nous fassiez aussi un jour entendre un de ces chants que veut le si?cle! Comme tout alors, qui s'en va aujourd'hui devant vous sans laisser nulle trace en votre esprit, aussit?t vous frapperait! Comme tout prendrait fce nouvelle ? Vos yeux! En attendant, causons toujours. Il y a quelque temps, il y a un an, le monde vivait dans la s?curit? dh pr?sent et de l'avenir, et r?capitulait en silence son pass?, et s'en instruisait. L'esprit se r?g?n?rait dans la paix, la m?moire humaine se renouvelait, les opinions se reconciliiaent, la passion s'?touffait, les col?res se trouvaient sans aliment, les vanit?s se satisfaisaient dans deb eaux travaux; tous les besoins des hommes se circonscrivaient peu ? peu dans l'intelligence, et tous leurs int?r?ts allaient peu ? peu aboutir au seul int?r?t du progr?s de la raison universelle. Pour moi, c'?tait foi, c'?tait cr?dulit? infinies; dans cette paix heureuse du monde, dans cet avenir, je trouvais ma paix, mon 227 avenir. Est survenue tout ? coup la b?tise d'un homme, d'un de ces hommes app3l?s, sans leur aveu,? diriger les affaires humainees. Voil? que s?curit?, paix, avenir, tout devient aussit?t [n'eant] n?ant. Songez-y bien, ce n'est pas un de ces grands ?v?nemengs, fai
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