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Чаадаев П. Я. Письма А. С. Пушкину Страница 4

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    t pour bouleverser les empires et ruiner les peuples, qui a fait cela, la niaiserie d'un seul homme. Dans votre tourbillon, vous n'avez pu rdssentir la chose comme moi, c'est tout simple: mais se peut-il, que cette prodigieuse aventure qui n'a point sa pareille, toute empreinte de providence qu'elle est, ne vous apparaisse que comme prose toute commune, ou au plus comme po?sie didactique, par ezemple comme un tremblement de Lisbonne, dont vous n'auriez que faire? pas possible. Moi, je me sens la larme ? l'?il, quand je regarde ce vaste d?sastre de la vieille [soc], de ma vieille soci?t; ce mal universel, tomv? sur mon Europe, d'une mnai?re si impr?vue, a doubl? mon propre mal. Et pourtant, oui, de tout cela il ne sortira que du bien, j'en ai la certitude parfaite: et j'ai la consolation de voir que ne suis point le seul ? ne pas d?sesp?rer du retour de la raison ? la raison. Mais comment se fera-t-il ce retour, quand? Sera-ce par quelque puissant esprit ?dl?gu? extraordinairement par la providence pour op?rer cet ?uvre, ou bien par une suite d'?v?nements par elle suscit?e pour ?clairer le genre humain? Ne sais. Mais une vague conscience me dit que bient?t viendra un homme nous appprter la v?rit? du temps. Peut-?tre sera-ce quelque chose d'abord de semblable ? cette religion politique [parv] pr?ch?e en ce moment par S.-Simon dans Paris, ou bien ? ce catholicisme de nouvelle esp?ce que quelques pr?tres t?m?raires pr?tendent, dit-on, substituer ? celle que la saintet? du temps avait faite. Pourquoi non? Qje le premier branle du mouvement qui doit achever les destin?es du genre humain se fasse de telle ou telle sorte, qu'importe? Beaucoup de choses qui avaient pr?c?d? le grand moment ou la bonne nouvelle fut annonc?e autrefois par un envoy? divin, avaient ?t? destin?es ? pr?parer l'univers, beaucoup de choses aussi se passeront sans doute de nos jours ? fin semblable, avant que la nouvelle bonne nouvelle nous soit apport?e du [1] ciel. Attendons.



    Ne parle-t-on pas d'une gjerre g?n?rale? Je dis qu'il n'en sera rien. Non, mon ami, les voies de sang ne sont plus les voies de la providence. Les hommes auront beau[fair] ?tre b?tes, ils ne se d?chireront plus comme des b?tes: le dernier fleuve de sang a coul?, et ? cette heure, au moment o? je Vous ?cris, la source en est gr?ce ? Dieu tarie. S?rement, orages et calamit?s nous menacent encore, mais ce n'est plus des fureurs des peuples que leur viendront les biens qu'ils sont destin?s ? obtenir; d?sormais il n'y aura plus de guerres que des guerres ?pisodiques, quelques guerres absurdes et ridicules, pour mieux d?go?ter les hommes de leurs habitudes de meurtre et de destruction. Avez-vous vu ce qui vient de se passer en France? Ne s'?tait-on pas imagin? qu'elle allait mettre le feu au quatre coins du monde? H? bien, point du tout; qu'arrive-t-il? Aux amateurs de gloire, d'envahissement, on a ri au nez, gens de paix et de raison ont triomph?; les vieilles phrases qui r?sonnaient si bien tant?t aux oreilles fran?aises, [il n'y a] plus d'?cho pour elles.



    De l'?cho! Voil? que j'y songe. Forg heureux sans doute que Mrs Lamarque et consort ne trouvent pas d'?cho en France, mais moi, en trouverai-je, mon ami, dans Votre ?me? Nous verrons. Voil?, cependant, un doute qui me fait tomber la plume de la main. Il ne tiendra qu'? vous de me la faire ramasser; un peu de sympathie [s'il vous plait] dans votre prochaine lettre. M. Naschtschokine me dit que vous ?tes singuli?rement paresseux. Fouillez un peu dans votre t?te, et surtout dans votre c?ur qui bat si 228 chaud quand il le veut, vous y trouverez [j'en suis s?] plus de sujets qu'il ne nous en faut pour nous ?crire le reste de nos jours. Adieu, cher et vieil ami. Et mon manuscrit donc? j'allais l'oublier: Vous, ne l'oubliez pas, je vous prie. Tchadaeff.







    18 Septembre.



    J'apprends que Vous ?tes nomm?, ou comment est-ce? que Vous ?tes charg? d'?crire l'histoire de Pierre le Grand: ? la bonne heure; [2] je vous en f?licite du fond de mon ?me. J'attendrai pour vous en dire quelque chose, que vous m'en parliez vous-m?me. Adieu donc.



    [Me] Voil? que je viens de voir vos deux pi?ces de vers. Mon ami, jamais vous ne m'avez fait tant de plaisir. Enfin, vous voil? po?te national; vous abez enfin devin? votre mission. Je ne puis vous exprimer la satistaction que vous m'avez fait ?prouver. Nous en reparlerons une autre fois, - beaucoup. Je ne sais si vous m'entendez bien? - La pi?ce aux ennemis de la Russie est surtout admirable; c'est moi qui vous le dis: il y a l? plus de pnes?es qne l'on n'en a dit et fait depuis un si?cle en ce pays. Oui, mon ami, ?crivez l'histoire de Pierre le Grand. Tout le monde n'est pas de mon avis ici, vous vous en doutez bien; mais laissons-les dire - et avan?ons; quand l' on a devin? [3] un bout de la puissance qui nous pousse, une seconde fois, on la dev2 enti?re, bien s?r. J'ai envie de me dire: voici venir notre Dante enfin 2 ce serait peut-?tre trop h?tif; attendons.







    Адрес: Его высокоблагородию



    милостивому государю



    Александру Сергеевичу Пушкину.



    В Царском С
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